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La guerre au Moyen-Orient aura un impact durable sur le commerce - directrice OMC
information fournie par Reuters 15/10/2026 à 13:41

56e réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos

56e réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos

Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que ‌les bouleversements géopolitiques en cours auront un impact durable sur le commerce mondial, a dit jeudi à Reuters Ngozi Okonjo-Iweala, ​directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Au Moyen-Orient, les échanges commerciaux se sont fortement contractés depuis que Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran fin février - et ce malgré une série de solutions de contournement.

Leur reprise prendra du temps, a ​estimé Ngozi Okonjo-Iweala lors d'une interview en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale organisées à Bangkok, ajoutant que certains changements pourraient ​devenir permanents.

L'OMC prévoit une baisse de 17% des exportations en ⁠provenance du Moyen-Orient cette année et un repli de quelque 15% des importations.

Des experts du secteur tablaient au début ‌du conflit sur un retour à la normale des flux commerciaux une fois la guerre terminée et le détroit d'Ormuz rouvert, par lequel transite en temps normal 20% du trafic maritime mondial d'hydrocarbures.

Mais, ​depuis, la durée du conflit a souligné ‌la nécessité d'une diversification et certaines des routes commerciales alternatives devraient perdurer, a poursuivi Ngozi ⁠Okonjo-Iweala.

"Nous constatons que le monde des doit réfléchir à des goulets d'étranglement (tels que le détroit d'Ormuz)", a-t-elle encore dit.

"Je pense que certaines de ces alternatives resteront en place car les pays tout comme les entreprises voudront se prémunir contre toute éventualité", a ⁠déclaré la directrice générale de ‌l'OMC.

Elle dit ainsi s'attendre à une poursuite voire à une amplification des efforts de diversification vers ⁠différents pays.

Comme autre choc pesant sur les échanges commerciaux, Ngozi Okonjo-Iweala a cité la multiplication des droits de douane imposés ‌par le président américain Donald Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025.

"Il ne fait absolument aucun ⁠doute que les chaînes d'approvisionnement ont été réorganisées," a-t-elle déclaré, ajoutant que les chefs d'entreprise ⁠ont fait preuve de créativité ‌pour trouver de nouvelles routes commerciales, avec le bémol qu'elles s'avèrent plus coûteuses.

UNE OPPORTUNITÉ POUR LE COMMERCE INTRA-AFRICAIN

Ngozi Okonjo-Iweala a également ​souligné le potentiel de croissance du commerce intra-africain.

"Les échanges entre ‌Africains peuvent véritablement créer de la valeur et générer des emplois," a-t-elle déclaré, précisant que le commerce intra-africain représentait désormais environ 20% du commerce africain.

A titre de ​comparaison, les échanges au sein de l'Union européenne représentaient environ 60% du total de ses échanges commerciaux.

L'OMC a relevé la semaine dernière ses prévisions de croissance du commerce mondial de marchandises, la demande de produits liés à l'intelligence artificielle (IA) ⁠devant compenser l’impact des perturbations provoquées par la guerre au Moyen-Orient.

La croissance du volume du commerce mondial de marchandises devrait atteindre 3,9% en 2026, contre un chiffre de +1,9% retenu dans les prévisions de l'OMC publiées en mars.

Selon Ngozi Okonjo-Iweala, l'avenir reste incertain compte tenu des conflits en cours, des droits de douane et des craintes que l'essor de l'IA ne s'essouffle voire ne retombe.

"L'impact de l'IA masque les autres tendances du commerce, qui ne sont pas positives," a-t-elle déclaré.

(Reportage Andrea Shalal, version française ​Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire

  • 14:01

    on peut ajouter le détroit de bab el mandeb au sud de la mer rouge


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